Mercredi 28 mai
Andalsmes – Soknedal : 164 km
Ce matin, nous avons pris la route assez tôt en direction de Trondheim, motivés par l’idée de découvrir de nouveaux paysages. Après avoir étudié attentivement les deux itinéraires possibles sur notre GPS, nous avons opté pour celui qui promettait de longer la mer du Nord, avec plusieurs traversées en ferry prévues au programme. L’idée de naviguer entre les îles et d’admirer les côtes norvégiennes depuis la mer nous enchantait particulièrement.
Cependant, au bout d’une cinquantaine de kilomètres, nous avons commencé à nous poser quelques questions au sujet de notre parcours. Pas de ferry à l’horizon, pas de mer du Nord, et aucun fjord en vue… Le doute s’installait progressivement. Nous nous étions complètement trompés d’itinéraire ! Au lieu de nous diriger vers la côte, nous nous retrouvions une fois de plus à grimper vers des sommets enneigés, un scénario qui commençait à nous être familier.
Le paysage qui s’offrait à nous était néanmoins spectaculaire. Nous avons longé de nombreux torrents puissants et impressionnants dévalant les pentes rocheuses avec une force saisissante. Notre erreur de navigation nous avait menés sur l’une des fameuses « routes des trolls », ces chemins sinueux qui serpentent à travers les montagnes norvégiennes.
Et non, il ne s’agit pas d’une simple mascotte touristique ! Les trolls sont des personnages légendaires profondément ancrés dans l’imagination et le folklore norvégiens. Ces créatures mystérieuses sont réputées habiter les forêts profondes et les hautes montagnes. Selon la tradition, ce sont des êtres anciens et peu avenants, facilement reconnaissables à leur nez énorme et disproportionné. Particulièrement discrets, ils ne se montrent aux humains qu’à la tombée du jour ou pendant les heures nocturnes.
Après avoir « croisé » quelques-uns de ces gardiens légendaires des montagnes (du moins en imagination), nous avons entamé notre ascension vers le parc national de Rondane.
Arrivés au sommet, nous avons été saisis par un spectacle pour le moins inattendu. L’absence totale d’arbres et de végétation créait un paysage quasi désertique, d’une beauté austère et saisissante. Nous nous trouvions à près de 1800 mètres d’altitude, dans un environnement qui contrastait radicalement avec les vallées verdoyantes que nous avions traversées plus bas.
La nature nous a alors rappelé sa puissance : la température a chuté brutalement pour atteindre seulement 5 petits degrés, accompagnée de quelques flocons de neige fondue. Heureusement, cet épisode hivernal impromptu n’a duré qu’un court moment.
Malgré nos espoirs d’apercevoir quelques rennes dans leur habitat naturel, nous avons traversé le parc sans avoir cette chance. Ces animaux emblématiques de la région ont préféré rester discrets lors de notre passage. Une fois redescendus dans les vallées, nous avons retrouvé avec soulagement nos 15 degrés chéris, température bien plus clémente pour poursuivre notre voyage.
En traversant la charmante ville d’Oppdal, notre attention a été attirée par un distributeur de GPL. Nous nous y sommes précipités avec empressement pour faire le plein, même si notre réservoir était déjà aux trois quarts plein. L’autonomie en GPL étant précieuse dans ces régions reculées, mieux valait ne pas prendre de risques.
Là, pour la première fois depuis le début de notre périple, nous avons eu la chance de rencontrer le responsable de la station, qui était justement en train de remplir sa réserve de bouteilles de gaz. Comme d’habitude, l’embout ne correspondait pas à notre véhicule, et nous n’avions toujours pas l’adaptateur adéquat. Nos visages ont dû exprimer notre déception habituelle face à ce problème récurrent.
C’est alors que cet homme providentiel s’est approché de nous et nous a dit, en anglais bien sûr, qu’il n’y avait aucun problème et qu’aucun adaptateur n’était nécessaire ! Sous nos yeux ébahis, il a branché le tuyau directement sur notre véhicule, sans aucun adaptateur. Incroyable ! Nous voilà enfin sauvés de cette préoccupation constante.
Nous nous sommes sentis un peu naïfs de ne pas avoir su que c’était possible, mais personne ne nous avait jamais montré cette astuce auparavant. En tout cas, voilà une histoire qui se termine bien et qui nous a redonné confiance pour la suite de notre aventure norvégienne.
Nous avons repris la route, le cœur léger et satisfaits de cette heureuse conclusion à nos difficultés techniques. Pour clôturer cette journée riche en découvertes et en émotions, nous avons trouvé un emplacement parfait pour la nuit : un parking paisible situé au bord d’une rivière, où le doux murmure de l’eau nous accompagnerait dans notre sommeil, nous préparant aux nouvelles aventures du lendemain.


Dans la vie nous apprenons tout les jours de nouvelles choses et en plus quand elle sont très utiles ce n’est que du bonheur.
Je me demandais s’il vous fallait des équipements spéciaux pour monter en altitude.
Bisous
En cas de doute, tournez-vous vers le soleil à midi. Si vous voulez aller vers le nord, il faut aller dans la direction opposée. Plus besoin de GPS!