Etape 22 et 23 : Les Macareux Moines

Lundi 26 mai et Mardi 27 mai

Byrkjelo – Runde : 135 km

Runde – Andalsnes : 184 km

Ce lundi matin, le réveil fut particulièrement agréable. Nous nous sommes réveillés paisiblement au bord du lac, baignés par les premiers rayons du soleil. L’atmosphère était sereine et prometteuse pour cette nouvelle journée d’aventure.

Après avoir pris un petit-déjeuner face à ce paysage idyllique, nous avons eu la chance de rencontrer un couple de Français courageux, partis à vélo de la ville du Mans en avril avec pour objectif ambitieux d’atteindre le cercle polaire.

Le soleil matinal s’est malheureusement vite caché pour laisser place à un temps bien couvert, heureusement sans trop de pluie. En cours de route, nous avons aperçu au loin un imposant bateau de croisière Costa, un petit clin d’œil nostalgique à nos souvenirs de Martinique. Le contraste entre ces deux univers – les fjords norvégiens et les eaux turquoise des Antilles – nous a fait sourire.

Nous avons ensuite longé de magnifiques lacs, bordés d’épaisses forêts de conifères, et emprunté deux ferrys qui nous ont offert des jolis panoramas. Au cours de la dernière traversée, une idée nous a séduits : changer de cap et prendre la direction de l’île de Runde, située à 80 km au sud d’Ålesund.

Cette île est en effet une réserve ornithologique mondialement renommée où plus d’un million d’oiseaux de 40 espèces différentes nichent sur les falaises vertigineuses. Les macareux moines, avec leur bec coloré et leur allure comique, en sont incontestablement les vedettes. Bien évidemment, on n’a rien sans rien… Pour pouvoir admirer ces merveilles de la nature, il a fallu crapahuter pendant deux bonnes heures en gravissant d’énormes collines escarpées. La montre connectée de Soizic nous indiquait l’équivalent de 110 étages gravis !

Étant arrivés assez tard sur l’île, notre randonnée fut elle aussi tardive, ce qui nous a menés à découvrir ces oiseaux extraordinaires en fin de journée. Le froid mordant ainsi que le vent puissant nous ont surpris à la tombée du jour, transformant notre retour en véritable épreuve d’endurance. Heureusement, nous avons été épargnés par la pluie ! Nous sommes finalement rentrés vers 21h30, complètement frigorifiés et épuisés, mais le cœur rempli d’émotions. Nous avons rapidement cassé la croûte avant de nous effondrer dans notre lit.

Ce fut une découverte absolument inoubliable. Les macareux moines, avec leur démarche chaloupée et leurs couleurs vives, sont des créatures vraiment incroyables et magnifiques qui valaient largement tous nos efforts !

Ce mardi matin, le réveil fut beaucoup moins agréable que la veille ! Les courbatures de notre expédition à Runde se faisaient cruellement sentir, rappelant à nos corps les 110 étages d’escalade de la journée précédente. Nous avons pris courageusement la route, cette fois-ci en direction d’Ålesund, charmante petite ville côtière nichée entre fjords et montagnes.

Cette cité a une histoire fascinante et tragique : elle fut entièrement ravagée par les flammes en 1904 suite à une tempête d’une rare violence qui laissa 10 000 personnes sans abri dans le froid hivernal norvégien. Elle fut magnifiquement reconstruite en seulement trois ans dans un style Art nouveau unique qui fait aujourd’hui sa renommée. Avec ses nombreux canaux qui serpentent entre les bâtiments colorés, elle nous rappelle un peu Venise, mais avec l’âme nordique en plus.

Le spectacle du port était saisissant : trois énormes paquebots de croisière étaient amarrés, déversant leurs flots de touristes dans les rues étroites. L’animation était palpable et… la foule considérable !

Nous avons consacré trois heures à explorer cette ville-musée, admirant les façades ornementées et les perspectives sur les fjords environnants. Mais le froid persistant et une petite pluie fine – si caractéristique et digne de nos côtes bretonnes – ont fini par avoir raison de notre résistance. Nous avons alors décidé de reprendre la route vers de nouveaux horizons : Kristiansund d’abord, puis notre objectif ultime, le mythique cap Nord, en passant par les légendaires îles Lofoten qui nous font tant rêver.

La journée s’est achevée par un arrêt dans une petite ville accueillante qui tolère le camping sauvage. Nous avons installé notre campement au bord d’un fjord, sur un grand parking dans la zone industrielle du port – un contraste saisissant entre l’activité portuaire et la beauté sauvage des paysages environnants.

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1 réflexion sur “Etape 22 et 23 : Les Macareux Moines”

  1. Cathy Horellou

    Merci pour ces magnifiques portraits des macareux et pour le récit de vos pérégrinations vers le Grand Nord! J’avais 23 épisodes de retard mais je vous rattrape enfin et je suis skodéguée, flabbergasted,.. les mots me manquent et les bras m’en tombent! Bonne continuation et bizh de Bretagne!

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